Vous êtes de plus en plus nombreux à nous écrire et à vous indigner contre les cirques et autres spectacles ambulants qui exploitent des animaux sauvages pour « divertir » le public. Pourtant, ces exhibitions d'animaux sauvages soumis à leurs dresseurs semblent toujours la solution préférée des organisateurs d'évènements dits « culturels » pour les fêtes de fin d'année, voire pour n'importe quelle autre occasion (n'a-t-on pas fait appel à un montreur d'ours cette année pour animer un salon du chien ?). AVES France et d'autres associations poursuivent donc leur campagne de sensibilisation, en rappelant que les conditions de vie de ces animaux-acteurs ne sont pas acceptables.
« Oh ! Comme ils sont beaux tous ces animaux en tenue de lumière ! »
« S'il n'y avait pas les cirques, les enfants ne sauraient pas à quoi ressemble un éléphant ! »
Autant de phrases que nous entendons à longueur d'année et qui nous insupportent. Alors que la perte de la biodiversité s'accélère chaque jour, les français préfèrent se rassurer en payant plusieurs dizaines d'euros pour voir un éléphant simuler sa mort ou un ours faire du vélo, plutôt que de croire qu'il est plus important de s'investir dans leur protection en milieu naturel.
TF1 en tête montre le mauvais exemple, en diffusant des émissions comme "Drôles de peluches", laquelle faisait la part belle à "Rémy" et ses 12 tigres aux vertus déstressantes, à Annie et Sonia qui sortent leurs bébés ours en laisse dans leur jardin en Vendée et Francky qui élève 26 loups dans le sud de la France. Ce dernier retire les petits à leur mère dès l'âge d'une semaine pour bien les "éduquer". Il y a également eu l'émission « Bêtes de scène », spectacle télévisuel à but bien évidemment lucratif, où les téléspectateurs sont invités à voter pour leur animal préféré entre deux pages de publicité. Elle n'est pas belle la télévision française ?
Rappelons que derrière les lumières de la piste aux étoiles, la réalité est tout autre.
Les animaux sont transportés de longues heures dans des camions exigus, desquels ils ne descendent que pour effectuer quelques cabrioles devant leur public. Souvent, les dresseurs défendent leur gagne pain en affirmant que les animaux ne proviennent plus de la nature et qu'ils ont donc toujours vécu en captivité. Si nous ne pouvons pas vérifier ces dires lorsque les « artistes » viennent de l'autre bout du monde, c'est souvent le cas, en effet, pour les montreurs d'ours en France.
Et pourtant, cet argument ne tient pas !
Comment peut-on prétendre avoir sauvé un ours ou tout autre animal de l'euthanasie lorsque l'on sait que certains parcs zoologiques privés reproduisent leurs animaux dans le seul but de fournir les cirques ou les dresseurs ?
Les numéros imposés aux animaux par certains dresseurs sont particulièrement difficiles et contre-nature. Par quelle moyen arrivent-ils à contraindre leurs animaux à répondre à leurs moindres exigences ? Est-ce vraiment leur place d'être exhibés devant un public craint de nature ?
Cette année encore, la mairie d'Amiens et huit comités d'entreprise (Good'year, Dunlop, Carbone Lorraine, Crédit Agricole, DDE, OPAC, Hôpital Nord et délégation des services sociaux du ministère des finances) ont invité des ménageries pour les enfants des écoles primaires et les enfants de leurs salariés.
Une adhérente nous a envoyé des photos et averti sur les conditions de détention des animaux : des fauves enfermés dans un camion et maintenus dans le noir, des éléphant entravés dans une tente sombre et depuis deux ans, des montreurs d'ours participent à ces spectacles, les animaux étant enfermés à trois dans un camion venant de Tchécoslovaquie.

Ours en cage
AVES France enverra dans les prochains jours un courrier à l'inspection académique, au maire et aux comités d'entreprises d'Amiens afin de leur demander de modifier leurs attractions de fin d'année, pour le bien être des animaux, mais aussi des enfants. Est-ce le rôle de l'école de montrer des animaux captifs ? Je me rappellerai toujours la réponse d'un enfant lorsque je posais la question « Où vit l'ours à lunettes ? » lors d'une intervention scolaire. « Au zoo ». ça prête à sourire, bien sûr, mais c'est tout de même la preuve que certains enfants ne sont plus conscient qu'il existe des animaux ailleurs qu'au bout d'une laisse.

Ours en piste