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Articlé paru le : 16 décembre 2007
Depuis une huitaine de jours, le milieu sedanais de la chasse est en émoi à la suite de l'abattage massif et illicite de vingt-six sangliers au-dessus de La Moncelle.
Une affaire hors du commun dont l'Office national de la chasse a été immédiatement saisi, de même que la gendarmerie et qui commence à faire grand bruit.
De La Moncelle à Saint-Laurent siège de la fédération des chasseurs des Ardennes, en passant par Sedan, tous ceux qui de près ou de loin s'intéressent à la chasse sont au courant. « En trente ans, je n'ai jamais vu une histoire pareille ! » affirme un passionné de chasse de Sedan.
L'enquête est menée très discrètement par les gardes-chasse et le Peloton de surveillance et d'investigation de la gendarmerie (PSIG) de Sedan. Aucune mise en examen n'a encore été prononcée mais d'ores et déjà plusieurs parties concernées s'apprêtent à porter plainte.
Selon des sources concordantes, mercredi 4 décembre, une compagnie de sangliers aurait été encerclée et abattue par un groupe d'une douzaine de chasseurs dans un bois situé entre l'autoroute et la D4, en totale infraction avec plusieurs points de la législation en vigueur qui fixe notamment le quota d'animaux (en l'occurrence 6 sangliers dont 5 jeunes) et le jour de chasse.
Ce groupe de sangliers était bien connu sur le plateau. « Ils suivaient tous les jours le même trajet entre le massif du Dos de Loup et le terme de Villers-Cernay. En juillet dernier, on en comptait une soixantaine » témoigne un habitant. Sur la route, leur lieu de passage entre les deux bois, est parfaitement visible en bordure de prairie. Mais en une semaine, les empreintes ont été lessivées. Seule trace fraîche jeudi, celle d'un jeune isolé.
Les chasseurs ulcérés parlent de « carnage », d'un « massacre » où les animaux ont été abattus sans aucune distinction de taille et de sexe, ce qui est contraire au règlement. Des tensions surgissent entre les sociétés de chasse qui louent très cher les parcelles et s'estiment lésés par l'ampleur d'un prélèvement effectué sur leur lot et des méthodes qualifiées de « braconnage ».
Pour Francis Duczynski, directeur de la fédération, le terme n'est pas exagéré, et de tels faits, s'ils sont démontrés, seraient « inacceptables »
: « On annonce une centaine de coups de feu tirés, ces animaux ont été piégés. On ne peut pas accepter de tels agissements alors que les autres chasseurs du massif font des efforts de restriction.
Tous leurs efforts pour gérer le sanglier ont été anéantis en quelques heures. À quoi sert un plan de chasse s'il n'est pas respecté ? Si la procédure démontre qu'il y a bien eu dépassement, nous nous constituerons partie civile. Nous demanderons de sévères sanctions, avec retrait de permis et dommages et intérêts ».
Dominique Berthéas |